Archive for the 'Littérature' Category



12
Nov
09

Une découverte en polar

J’adore le roman noir, le polar…pas le policier, pas trop non plus l’enquête à l’ancienne…Disons que James Ellroy fut pour moi un vrai choc littéraire et que c’est par lui que je suis entré dans ce monde il y a 7-8 ans…

Bref, des romans noirs, j’en lis vraiment à la pelle…si bien que maintenant, je commence à avoir fait le tour…évidemment pas tout le tour non plus, je n’ai jamais lu Léo Mallet, très peu d’auteurs français du néo-polar, à part Manchette…et il y a encore des auteurs que je n’ai que peu touchés comme Mcbain, Westerlake…mais je pense pouvoir dire que j’ai une assez bonne vision globale (expression typiquement Novlangue Managériale) ou pour parler mieux Français, je dirai que je connais le sujet…

Tout cela pour dire que découvrir un bon auteur de romans noirs et bien ce n’est pas facile…alors en ce moment je lis un truc qui s’appelle Rage de dents de William Lashner, car il y a trois semaines, je suis tombé sur l’homme marqué du même Lashner.

J’avais déjà croisé sa route à Lashner il y a plusieurs années, j’avais lu la quatrième de couverture et puis ça parlait d’un avocat alors je m’étais dit que j’allais me faire chier avec un procedural à la Perry MasonErreur réparée il n’y a donc que quelques semaines…

Donc Lashner met toujours en scène le même héros, Victor Carl, avocat pas tout à fait miteux mais pas non plus un grand avocat de la place…bref le type associé dans un cabinet avec Beth Derringer, qui s’occupe de défendre des meurtriers, d’aider des petites vieilles tyranniques à ramener leur fils à la maison…tout cela bien entendu si une provision est versée car Victor Carl se définit comme « une pourriture capitaliste égoïste » du moins voudrait-il s’en convaincre…car au fond c’est un bon gars…

Enfin, autre originalité, toute l’action se passe à Philapdelphie…en effet, il y a une vraie géographie du polar et si Carl Hiassen est l’écrivain de la Floride, Ellroy celui de L.A., Charyn celui de New-York, James Lee Burke celui de la Nouvelles-Orléans, McCarthy celui du Texas, Izzo celui de Marseille et bien Lashner est sans aucun doute celui de Philadelphie…

Donc à lire s’il vous tombe sous la main, ce n’est pas un chef d’oeuvre mais un bon moment à passer avec cette douce et désagréable impression d’avoir un miroir dans ses mains en la personne de Victor Carl…Lâche et courageux, con et malin…bref toute la dualité masculine en un personnage…ici pas de super héros, juste un homme, dans ses contradictions, toute sa connerie mais aussi sa fulgurance, sa réflexion…c’est déjà pas mal…et puis ça change des dernières saloperies qui mettent en scène trois femmes puissantes ou encore Lisbeth Salander qui déjoue à elle seule tous les complots grâce à sa seule intelligence…

WLashner

9782070396634FS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherea

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26
Oct
09

Quelque chose de pourri au royaume de la sociale-démocratie…

Il faut toujours se souvenir des grands anciens et des génies intemporels qui en décrivant leur monde n´ont fait qu´écrire celui d´aujourd´hui…Ainsi Dante, Balzac…et consorts auraient mille fois leur place à notre époque…et Hugo alors, et Cervantés…alors…et surtout Shakespeare…

Il faut se souvenir mais aussi adapter leurs observations…ainsi vais-je adapter Shakespeare à l´usage d´aujourd´hui, dans Hamlet, il écrit « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark », il avait raison à la considération géographique près…

Au contraire, je pense que le Danemark, c´est plutôt pas mal comme royaume, les Danois ont sauvé leurs Juifs pendant la seconde guerre mondiale, ont publié des caricatures et puis ont envoyé bouler Saint Obama lors de la désignation de la ville olympique pour 2016. Voilà un pays qui me plaît.

Tout le contraire de la Suède. Rappelez-vous, les années 90-2000, la Suède par-ci, la Suède par-là…et toutes les bonnes femmes au gouvernement…et dans le conseil d´administration….et puis la protection sociale…pour tous…et l´asile politique pour tous…et puis la boxe professionnelle interdite… et puis les meubles en kit…et puis la gym suèdoise…oui c´est bien la Suède…mais que pour l´Absolut et les Saab…

Bon ce qui me fait marrer…c´est que depuis un lustre…le réel revient à la gueule des promoteurs de ce système sous forme littéraire…en effet, on assiste à une véritable déferlante du roman noir venu du froid….Suèdois en tête, Islandais et quelques Danois…décrivent une société pas si lisse que cela dans laquelle il y a du racisme, de la drogue, des sales types, des politiciens corrompus…et puis des nazis un peu partout…l´exemple le plus frappant de ce tsunami éditorial est bien sûr la trilogie Millenium…

Franchement, j´ai lu le premier tome sous la pression d´un libraire de gauche… et je vous le donne en mille, le titre c´est les hommes qui n´aimaient pas les femmes, franchement ça ne casse pas trois pattes  à un canard… un titre misandre, un bouquin dans lequel tous les types sont ou des tueurs de gonzesses ou des anciens nazis (allusion à peine voilée au fondateur d´Ikea)…le journaliste, le héros est le prototype du bobo féminisé…bref cette trilogie a tenu en haleine la France et maintenant l´Espagne… ce qui est intéressant est de voir que 90% des lecteurs sont des bonnes femmes qui ensuite viennent me dire… »putain, pas possible comment c´est un roman vraiment trop noir » ce à quoi je leur rétorque de prendre n´importe quel roman de James Ellroy, de Robin Cook ou Versus d´Antoine Chainas et elles verront ce qu´est un roman noir… bref tout cela pour dire qu´hier ma copine qui a été à fond sur la trilogie m´a traîné voir la deuxième volet de la trilogie au cinéma…

Le plus marrant est que ce sont les mêmes qui lisent les polars du Nord aujourd´hui que ceux qui ont fait l´apologie de cette sociale-démocratie…

Bon un peu long, l´enquête est potable…mais ce qui est hilarant c´est de voir des gangsters suèdois en break Volvo et notre journaliste héros, en bon bobo, ne conduit qu´une Toyota Prius, l´engin hybride de la marque…décidément on va vers la rééducation idéologique à grands pas…

Pour revenir sur les polars du Nord, je n´en suis pas fan mais je conseille davantage Hening Mankell que Stieg Larsson…

Je reprendrai un polar du Nord quand un écrivain suèdois écrira le grand roman noir qui s´impose et qui devrait être celui de la sociale-démocratie maternante avec l´écologie comme fond idéologique et de raconter les désastres que cette soupe dogmatique a produits sur les hommes suèdois qui doivent à peu près autant ressembler à leurs ancêtres Viking que les petits noirs de Casamance à leurs ancêtres les Gaulois.

Pour conclure, il y a bien quelque chose de pourri au royaume de Suède.

Cherea.

PS: Cette année j´ai vu trois films suèdois soit bien plus que dans toute ma vie, je conseille très vivement Morse.

Cherea.

16
Oct
09

El premio Planeta…

C’est la saison des prix et bientôt celle des pluies (oui je sais c’est pourri…). Après les blagues du prix Nobel, qui doit être un prescripteur de tendance en la matière, est tombé en Espagne le lauréat du prix Planeta. Prix littéraire créé et décerné par le plus grand groupe d’édition espagnol, le groupe Planeta pour ceux qui n’auraient pas saisi. Donc, vous allez me dire, bon qu’est-ce qu’il veut celui-là…? L’originalité du Prix Planeta est qu’il jouit d’une certaine réputation…ce qui est assez bizarre…étant donné l’identité de celui qui organise ce grand raout…c’est un peu comme si en France un prix littéraire nommé par exemple le Prix Hachette littérature…avait la fama…comme on dit en Espagne mettons d’un prix Goncourt, ou d’un Prix Femina… non que ces prix soient plus honorables en coulisse, en tout cas le sont-ils en surface… Un peu d’hypocrisie pour garder les apparences, rien de tel…

Donc, la particularité de ce prix est qu’il est sacrément doté… 601 000 euro pour le vainqueur et 125 000 euro pour le finaliste… Il a donc été décerné hier, date officielle de la remise de ce prix… et le vainqueur est:

Angéles Caso pour son roman Contra el viento. Dont acte, je ne la connaissais pas, félicitations Mme Caso. Maintenant, intéressons-nous à son roman, voici comment il est décrit dans la presse:

« La novela ganadora narra la historia de una joven de Cabo Verde que, después de muchos infortunios, emigra a Europa, donde primero en Portugal y luego en España la vida no deja de maltratarla. »

Je traduis (mot à mot): « le roman vainqueur raconte l’histoire d’une jeune femme  du Cap Vert qui, après beaucoup de malheurs, émigre en Europe, d’abord au Portugal puis en Espagne mais la vie continue de mal la traiter »…

Décidément, originalité, originalité… apparemment… les prix français sont également prescripteurs de tendance…bon… j’avoue c’est un prix de derrière les fagots mais tout de même… Il y a deux ans, Olivier Adam a reçu le Prix du roman de Francetélévisions pour avoir commis À l’abri de rien qui raconte l’histoire… de… je te le mets dans mille Emile…

« Marie, mère de deux enfants et mariée à Stéphane, mène une existence monotone dans une ville côtière du Nord. L’héroïne se sent perdue et désabusée, sa seule joie réside dans sa famille, et surtout ses enfants. Un jour alors qu’elle rentre chez elle en voiture, elle croise sur la route les « Kosovars » ces immigrés venus de l’Est et du Moyen-Orient désirant passer en Angleterre clandestinement. Petit à petit, elle fait leur connaissance et entreprend de les aider jusqu’à en délaisser sa propre famille. Au fur et à mesure que le roman progresse, Marie devient de plus en plus dépassée par ses sentiments… »

Roman dont est tiré le film Welcome avec Vincent Lindon et qui a fait réagir l’inénarrable baltringue d’Eric Besson.

Bon, tout cela pour dire que si vous voulez gagner un prix littéraire, la meilleure recette est la suivante:

Avoir une bonne gueule et écrire un roman sur les drames de l’émigration…

J'ai une bonne gueule... j'écris sur le drame de l'émigration...j'ai tout compris

J'ai une bonne gueule... j'écris sur le drame de l'émigration...j'ai tout compris

Moi aussi j'ai tout compris...je suis assez jolie...et j'écris sur le drame de l'émigration...

Moi aussi j'ai tout compris...je suis assez jolie...et j'écris sur le drame de l'émigration...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon, après je ne peux rien dire de l’écriture, du style et tout le reste, je ne les ai pas lus et n’en ai pas l’intention… Si vous l’avez fait, faîtes m’en part…Mais rien que la redondance de ce sujet commence à me saouler… très fortement…

Cherea…

 

PS: ma chère et tendre lit en ce moment Marc Lévy, malgré toutes les critiques que j’ai pu émettre, alors que je n’ai jamais rien lu de lui…ce qui est mal… j’en conviens…alors j’ai décidé de me lancer…et de lire Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites très prochainement. Je vais donc le lire avec l’oeil le plus neutre du monde et vous en rendrai compte.

15
Oct
09

Comment… je lis… Céline

J’avais déjà entendu son nom mais un peu comme celui du Grand Méchant Loup dans les contes. C’était un personnage sulfureux. Je devais avoir quinze seize ans, j’en parlai à mon professeur de Français qui me déconseilla vivement sa lecture et m’enjoignit plutôt de m’atteler à un nième volume de la Comédie Humaine ou des Rougon-Macquart. Je commençais à en avoir ma claque de Balzac, Zola, les naturalistes… Maupassant et consorts. Le temps passa et mes lectures varièrent. C’est d’ailleurs à cette époque, que lassé de la littérature « classique », je découvris les romans policiers et plus particulièrement les romans noirs. J’y reviendrai prochainement.

Finalement, dix-huit ans passés, je m’achetai la version poche de Voyage au bout de la nuit. D’une traite serait mensonger et trois ou quatre jours assez proche de la vérité. Je compris le soufre qui émanait de cet auteur. Evidemment le style, quoique encore assez classique (mais cela je  ne le découvris que plus tard), puis la moralité assez …humaine finalement. Le sexe, un peu partout… La division du monde en deux: les riches… et les pauvres. Les mêmes misères sur tous les continents…Les saloperies… La franche rigolade. Les…, …,. La petite musique qui commençait à valser dans ma tête… Une énorme impression… Je me dis, la lecture achevée « ça y est, maintenant tu es un homme, tu as lu du Céline », une sensation assez proche de ce que je ressentis après ma première fois… n’est-ce pas Didier Goux? « Lis Céline et tu seras un homme mon fils », quelque chose de cet ordre…

Donc le choc fut assez intense… Voulant prolonger cet état, j’achetai dans la même semaine Mort à crédit (également en édition de poche). Là, je fis un rejet. La chose fut imbuvable. Je n’y arrivai pas. Les délires, les rêves, la partie fanstasmagorique des premières soixante pages me resta sur l’estomac… Puis le style était encore vraiment différent, assez éclaté. Une plongée dans un texte. De simples paragraphes… très peu d’aération… Je l’abandonnai…malgré moi…

Je relis néanmoins le Voyage au bout de la nuit.

Premier Choc

Premier Choc

Quelques années plus tard, donc, je décidai de m’y remettre…je devais avoir…23 ou 24 ans… et là, une traite serait encore un mensonge…mais deux journées pas loin de la réalité… sur une plage du Brésil, Troncoso pour ceux qui connaissent…Il faut bien se rendre compte que j’avais préféré rester sur la plage à lire mon livre plutôt que d’aller jouer au foot ou au volley avec les Brésiliennes…Et là encore, la puissance du récit, l’humour à toutes les pages, l’évolution du style…c’est vraiment là que « la petite musique célinienne » prend du volume…de l’ampleur…de la féérie…des moments que je relis avec plaisir… le phénoménal Courtial des Pereire, Géotrouverien des années d’avant guerre, la saloperie morale de tous et de toutes… puis ce passage qui sent la pisse…et les voisins… toute une épopée cette histoire…Enfin je puis dire que Mort à Crédit surpassa dans mon palmarès personnel Voyage à bout de la nuit.

Que croyez-vous que je fis-je après cette nouvelle révélation? En plein dans le mille… de passage à Sao Paulo, je me rendis à la librairie française de la ville (tenue par une charmante vieille femme, qui la tenait de son père, j’espère qu’elle existe encore) et fouillai pour Guignol’s Band que j’achetai 50R$ soit environ une vingtaine d’euro, toujours en édition de poche…

Le résultat? La même indigestion ressentie qu’à l’entame de… Mort à crédit…le même qui me fit courir acheter Guignol’s Band…à l’autre bout du monde… je laissai donc sur l’étagère quelques années…

Je relis Mort à crédit.

Rejet...puis Relecture...

Rejet...puis Relecture...

…Jusqu’à pas longtemps. Je  repris Guignol’s Band… La préface est l’acmé du genre…le reste vaut également…son pesant d’or…Le style évolue encore… on sent vraiment le changement entre les trois romans, la recherche formelle…et épurée chaque fois plus…et toujours cette musique et cette fois, vraiment explicite puisque nous avons  le mot Band dans le titre qui signifie groupe comme les « big bands » de jazz de la Nouvelle-Orléans…

Que vais-je donc faire?

Je vais attendre quelques années. Je vais relire Guignol’s Band.Et puis dans trois-quatre ans je vais acheter Féérie pour une autre fois.

Rejet...puis Lecture

Rejet...puis Lecture

J’ai donc enfin compris comment il fallait que je lise Céline. Je dois prendre les romans dans l’ordre chronologique, lire le premier. Attendre quelques années. Relire le roman. Attendre quelques années et puis passer au suivant. Ainsi aurais-je le plaisir de lire du Céline nouveau…comme le Beaujolais, jusqu’à la fin de mes jours si je vis assez vieux.

D’après mon expérience, c’est vraiment la manière dont il faut le lire. Appréhender le style. Laisser courir la petite musique…laisser mûrir la robe, laisser vieillir en fût… goûter avec parcimonie et enfin une fois la dernière lecture bien mûre, on peut passer à la prochaine récolte…

Voilà comment… je lis… Céline.

 

Cherea.

 

PS: je n’ai pas trouvé la préface de Guignol’s Band sur la toile, si quelqu’un l’a, qu’il n’hésite pas à m’envoyer le lien… sinon je vous la recopierai, j’ai des choses à dire là-dessus…

08
Oct
09

Et le million d’euro va à… Herta Müller…À qui? Herta Müller, ignare…

Bon, je l’avais citée dans mon article Pronostics pour le prix Nobel de littérature, mais il faut dire qu’elle avait une sacrée côte 50/1, j’aurai dû mettre un petit billet sur un site de paris en ligne, mais je dois dire que je ne la connaissais même pas avant d’avoir vu son nom dans la liste des nobélisables, puis comme je l’ai déjà dit en poésie, il n’y a que le romantisme français qui vaut… le reste ne m’intéresse pas trop… puis comme je ne parle pas la langue de Goethe, il aurait fallu passer par des traductions…et puis les traductions , c’est déjà des trahisons…en tout cas avec un prénom de jambon et un nom de buteur de la Manschaft des années 70, c’était pas gagné… C’est un peu comme si un prix Nobel français de littérature s’appellait Justin Fontaine, remarquez c’est pas mal comme nom. En tout cas félicitation Mme Müller, j’espère que vous aller profiter de votre prix:

Comme quoi ça rapporte la poésie...

Comme quoi ça rapporte la poésie...

 

…En tout cas, mes favoris n’auront pas été récompensés. Pas grave, je continuerai à vous lire chers MM Roth, DeLillo, Vargas Llosa, mais j’avoue ça doit être la honte quand on est un immense écrivain tels les trois cités et de se faire souffler le prix par une illustre inconnue, dont on n’a jamais rien lu et dont personne ne doit connaître son existence en Amérique…En tout cas, pour ma part, je suis certain que je vais bientôt avoir des nouvelles de la Herr Müller et pas plus tard qu’à Nöel prochain. Comprenez bien, mon oncle est un germanophile absolu marié à une allemande, qui l’est et le reste jusqu’au bout des ongles. Leur cadeau, à chaque Nöel varie invariablement entre un bouquin ( en grand format tout de même, pas de version poche)…des derniers lauréats des prix Goncourt, Fémina ou Nobel. J’ai donc reçu ces dernières années du Rufin, du Kertesz pour le pas mal et du Atiq Rahimi, Leroy pour le nettement moins bien…Il va donc falloir que je m’y fasse et que je commence à contempler son visage…remarquez il n’est pas si désagréable que cela…

Une poétesse moderne, Prix Nobel de Littérature avec lunettes de soleil sur la tête...

Une poétesse moderne, Prix Nobel de Littérature avec lunettes de soleil sur la tête...

 

Cherea

 

Addendum: Comme me le fait remarquer notre cher Didier Goux, Herta  Müller est au moins autant romancière que poétesse, si ce n’est plus…

À vouloir être le premier à publier, je n’ai pas pris soin de vérifier et de faire une recherche appronfondie, néanmoins j’ai la franchise de le dire dès le départ, puisque je ne la connaissais pas. Afin de me faire pardonner, je m’engage à vous à publier une fiche de lecture d’une de ses oeuvres dans le courant du moins de Janvier…

Elle a un petit air d’Amélie Nothomb, non??

 

Herta Muller avec quinze ans de moins??

Herta Muller avec quinze ans de moins??

Cherea

29
Sep
09

De Nerval ou l’épanchement des songes dans la vie réelle

De prime abord, je dois avouer que je ne suis pas spécialement  amateur de poésie. Pour moi, ne valent que le romantisme et ses illustres icônes: Baudelaire, Hugo, De Vigny, Lamartine, Musset… je pourrais également citer Rimbaud et pousser jusqu’à Mallarmé dont un des mes amis ne cesse de me chanter les louanges…à voir…

Néanmoins, dans le domaine de la poésie, rien, je dis bien rien ne m’a touché comme a pu m’émouvoir Gérard de Nerval et son fameux El Desdichado, certains m’opposeront Myrtho, la divine enchanteresse et son port altier…Mais rien, à mon sens, n’atteint la perfection de :

EL DESDICHADO

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule
Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le
Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La
fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

Je ne saurai expliquer. C’est comme cela… Pour bien apprécier ce miracle, il faut l’apprendre par coeur et surtout le lire à haute voix. Après reste cette première strophe miraculeuse, mystérieuse et pourtant si évocatrice. Comment avait-on pu ne pas penser à ce soleil noir, aujourd’hui, représentation absolue et universelle de la mélancolie? À ce malheureux prince sans royaume? À la ténèbre? Le symbolisme à l’oeuvre dans les strophes suivantes…mais revient hanter le lecteur ce premier vers qui exprime toute la détresse de l’homme qui a tout perdu en butte au destin…

Puis le reste assombrit d’une pâle lumière cette strophe initiale apocalyptique mais calme, crépusculaire tel le repos qui accompagne le condamné à mort lors de sa dernière nuit…

Tout est parfait dans ce poème, une incroyable discipline et pourtant on sent une absolue liberté dans les thèmes choisis… que viennent faire cette sirène et cette reine alors qu’on parlait d’un prince…serait-ce le songe de ce qu’il a perdu, de ce qu’il ne sera jamais…Impossible à dire…

Puis ces références mythologiques… L’Achéron, Orphée… malgré ce destin d’homme esseulé, perdu, notre héros lutte, lutte contre la force du destin, contre l’irréversibilité des choses écrites quand bien même la fin connue. Enfin ces valeurs croisées, les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Magique, vous dis-je, miraculeux…une telle prosodie, un tel rythme…Une telle liberté malgré la forme…imposée…voilà le vrai génie…

Pourquoi ce poème m’obsède-t-il? Parce que je n’en percerai jamais tous les mystères…enfin quelque chose d’un peu abscons qui me remet humble…et qui pourtant me pousse à me battre…à continuer…quand bien même tout serait écrit, El Desdichado, c’est Sysiphe avant l’heure…une leçon de vie et d’esthétique à usage quotidien…

Cherea,

28
Sep
09

Pronostics pour le prix Nobel de littérature

Voilà un truc qui me botterait bien, le prix Nobel de littérature…ça fait classe sur le CV, puis un million d’euros et des ventes multipliées par dix, moi je ne crache pas dessus…J’imagine que je ne l’aurai jamais… en effet, je cumule pas mal de tares, pour commencer, je n’ai encore jamais rien publié, mais bon on en a déjà vu des écrivains qui avaient publié dans des petites maisons d’éditions pourries à compte d’auteur… alors pourquoi pas? Puis je dois avouer que pour les matières scientifiques, c’est plutôt mal parti, alors que j’ai plutôt une bonne formation scientifique…puis le prix Nobel de la paix, à mons avis j’ai pas le look, manque de style, vous comprenez un type comme Gandhi, voilà une image qui impressionne, encore Martin Luther King, Rigorbeta Manchu, La Birmane, et plein d’autres encore… chacun avait un style propre… alors que moi j’adopte plutôt un style passe-partout…Puis pour le prix Nobel de littérature, je n’incarne pas vraiment ce que l’on pourrait appeler une claire conscience de gauche comme 90% des lauréats…

Borges ne l’a pas eu à cause de sa distance d’écrivain qui ne s’intéressait que de très loin à la politique et sa position face à la dictature argentine n’a pas été assez claire, alors que Neruda et son ode au tracteur ou Gabriel Garcia Marquez avaient l’un critiqué la dictature de Pinochet, l’autre opéré un rapprochement avec la dictature de Castro…

Donc, non, je n’aurai pas cette année encore mon prix Nobel de littérature….Mes parents vont m’en vouloir…

Alors faisons un pronostic, voyons la cote des écrivains telle que proposée par des sites de paris en ligne et relayée par P. Assouline:

  •  
    • Amos Oz, 4/1, pas mal, écrivain de gauche engagé en faveur de la paix, de plus il n’y eut qu’un écrivain qui écrit en hébreux qui l’a obtenu en 1966: Shmuel Yosef Agnon. Mais récompenser un auteur israélien l’année de l’intervention à Gaza, j’imagine que cela a fait tiquer quelques membres du comité Nobel.

 

  • Assia Djebar, l’algérienne d’expression française, c’est pas mal surtout que sa « littérature de combat » porte sur l’émancipation des femmes, le féminisme, la colonisation…j’imagine qu ‘en plus entre sa nationalité et sa langue d’expression cela représente comme on dit « un pont entre les peuples ». Contre elle: le prix Nobel de littérature a été décerné à un Français l’année dernière et puis la thématique qu’elle défend ressemble un peu trop à celle d’Orham Pamum récompensé il y a trois ans…

 

  • Phillip Roth, 7/1, pas mal la cote, surtout que c’est un des mes trois quatre préférés. Les problèmes résident dans le fait que le secrétaire général du comité n’est pas fan des écrivains américains et puis sa position pro-Israël pourrait gêner dans ce temple du gauchisme…Néanmoins, le nombre de grands romans qu’il a écrits, le comique de certaines situations et enfin son inventitvité narrative plaident pour lui…

 

  • Antonio Tabucchi, Claudio Magris, Haruki Murakami, Thomas Pynchon  9/1: quatre auteurs qui m’emmerdent profondément. Néanmoins on souligne la délicatesse de l’Italien et le symbolisme abscons de Pynchon, ce qui leur donnent un avantage. Pynchon qui n’apparait jamais à la télévision ne viendra donc pas chercher son prix, ce qui pourrait emmerder le comité Nobel qui cherche des bons clients…souriants et qui font de beaux discours.

 

  • Arno Lustig, Atiq Rahimi, Don DeLillo, Ko Un, Les Murray, Mario Vargas LLosa, Yves Bonnefoy 16/1: Atiq Rahimi et puis  quoi encore, son corpus littéraire est plutôt mince mais il a le style: un afghan qui écrit en Français sur le malheur des femmes et qui prend position pour les sans-papiers, c’est bien. Plus sérieusement Don DeLillo le mériterait pour ses écrits que l’on peut qualifier de prophétiques: je renvoie spécialement à Mao II qui décrit le 11 septembre 2001, à Cosmopolis qui raconte la chute des traders et de Wall Street ainsi qu’à Outremonde…on l’a compris c’est un de mes favoris. Vargos Llosa écrit assez bien, la fête au bouc est un presque chef d’oeuvre et puis cela fait vingt ans qu’il n’y a pas eu d’écrivain de langue castillane primé…néanmoins sa carrière politique et ses positions libérales pèsent en sa défaveur dans un comité éminément politique…

 

  • A.S. Byatt, Bei Dao, Carlos Fuentes, Chinua Achebe, Gitta Sereny, Herta Mûller, Mahasweta Devi, Michael Ondaatje, Milan Kundera, Vassilis Aleksakis  50/1: Carlos Fuentes ressemble trop à mon goût à un apparatchik de la littérature avec un engagement très marqué à gauche ce qui ne l’a pas empêché de devenir Ambassadeur du Mexique en France…Milan Kundera, encore un qui ne l’aura pas, la polémique de l’an passé n’est pas éteinte et puis ses critiques récurrentes sur le communisme, son art de la plaisanterie, du roman en font un romancier pas assez noblélisable à mons avis.

 

  • Enfin peut-on exclure une grosse surprise: Cormac McCarthy,Bob Dylan, Patrick Modiano…Umberto Eco, Salman Rushdie, je le pense sincèrement… Dommage pour Salman Rushdie, cela aurait été pas mal de distinguer cet écrivain à l’aube d’un Iran nucléaire…et pour Mccarthy qui porte déjà un nom difficile et  fait en plus l’apologie du cow-boy texan, ça va être dur, néanmoins il a publié récemment un incontestable chez d’oeuvre, La route.

Donc voilà, j’ai listé les principaux candidats et à part énorme surprise, le lauréat 2009 devrait se trouver dans la liste ci-dessus. Vous aurez compris que j’ai des préférences mais la réalité politique à ses raisons. Ainsi ferais-je trois listes réduites:

  • Mes préférences: Roth, Don Delillo, Kundera, Vargas LLosa
  • Les probables: Amos Oz, Assai Djebar
  • Des surprises mais pas trop: Pynchon, Tabucchi, Murakami.
  • Les improbables: McCarthy, Rushdie…

Notez que je prends des risques en faisant un pronostic, peu s’y mouillent alors soyez indulgents le jour du résultat…et si ça se trouve je n’ai même pas cité le futur lauréat…

 

Cherea.




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