25
Sep
09

Victimisation quand tu nous tiens…

Bonjour à tous,

il y a un moment que je n’ai pas pondu d’article à cause d’événements indépendants de ma volonté qui ont contraint mon agenda… Ce blog n’étant pas la priorité, l’astreinte que j’ai essayée de m’infliger n’a pu être tenue. Voyez m’en désolé.

Désormais, retour aux affaires. J’ai noté de nombreux sujets sur lesquels je voudrais réagir, mais l’actualité étant ce qu’elle est, un rouleau compresseur qui va à la vitesse de la lumière, épiloguer sur les matchs de l’équipe de France de football… ou sur la nouvelle politique de la semaine dernière n’a déjà plus sens aujourd’hui 25 septembre.

Bon, Bon, Cherea, arrête de louvoyer et va au but.

Alors, voilà, qui n’a pas lu l’article du monde intitulé « Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone ».

Alors voilà mon article en réponse à Mustapha…

 » Ca fait bien longtemps que je ne dis plus d’où je suis originaire »

Vous comprenez, j’ai grandi dans des quartiers huppés de la capitale française, quartiers ridiculisés par les Inconnus sur la télévision publique dans les années 90. J’avais alors une dizaine d’années et ne comprenait pas encore qu’il y avait des gens qui vous détestaient pour des raisons indépendantes de vos volontés. Après tout, je n’ai pas choisi de grandir dans le 16ème, ce sont mes parents qui s’y sont installés sans demander mon avis.

Après cette chanson des Inconnus, qui a jeté, je tiens à le répéter, l’opprobre sur toute une catégorie de la population, plus rien n’a jamais été pareil…
Lorsque je partais en colonie de vacances, avec des enfants originaires de tous milieux et de toutes conditions, dès que je disais que je venais du 16ème arrondissement, les autres enfants me tournaient le dos, si ce n’est pas du racisme cela…on me traitait de « sale bourge », de « sale blanc »….et je n’ose encore écrire ici les plus cruelles.

Faisant pendant deux ou trois ans l’expérience de ce racisme ordinaire, j’ai décidé de me censurer mentalement et puis de ne plus dire que j’habitais dans le 16ème, mensonge salutaire, j’affirmais maintenant habiter le 15ème arrondissement (moins bourgeois certes, mais aussi nettement moins marqué dans l’esprit du type de base)…

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Mon élocution, mon vocabulaire, mes manières courtoises me trahirent…rapidement et aussi certainement que si j’étais une femme musulmane et que je portais une burqa… Ainsi donc jamais n’ai-je pu me départir de mes origines et pourtant moi aussi je voulais être un Français tout court, un Français quoi.

J’ai compris alors, que jamais, jamais, je ne pourrai effacer cette infâme trace d’une éducation bourgeoise d’une famille aisée…Lorsque je jouais au football en club, j’avais d’abord opté pour des clubs de banlieue ayant une bonne équipe. Bien qu’ayant convaincu les entraîneurs de me laisser ma chance, mes coéquipiers ne m’ont jamais adressé la parole, ni même un ballon sur le terrain. Pourquoi? Cette différence, j’étais blanc, je venais du 16ème arrondissement, je continuais mes études…je parlais sans faute de syntaxe et sans glisser une insulte tous les deux mots… J’ai dû me replier sur un club communautaire de mon quartier d’origine qui s’appelait le Stade Français et qui avait le malheur de porter le nom honni de notre patrie sur son blason. À tous nos matchs en banlieue, on recevait systématiquement des insultes, « sale français », « barrez-vous », on est chez nous. On m’objectera que ceci n’était que l’intimidation classique qu’entretiennent les adversaires lors d’une partie…très bien… encore des exemples: quid de ce rappeur qui me dit que je ne peux pas prétendre à mixer car je suis blanc et que je viens du 16ème… quid de cette jolie fille qui me dit qu’elle ne peut sortir qu’avec des musulmans et que je suis donc disqualifié… quid ces deux bonnes femmes qui me font passer un oral pour entrer dans une des très grandes écoles de commerce de Paris et qui me saquent car je viens du 16ème et d’une prépa privée….

Tu vois, Mustapha tu n’es pas le seul à avoir souffert des préjugés, tu as la chance de pouvoir t’exprimer dans deux ou trois pages dans Lemonde, tu crois que moi aussi, je pourrais me plaindre…de cette manière…

Non? évidemment et tu sais pourquoi parce que ce n’est pas dans ma, notre nature, culture de se plaindre…qu’à chaque échec, on bande les muscles et on repart au combat…ce que tu décris n’est pas du racisme, c’est simplement que ta gueule ne revient pas à certains. Moi aussi, il y a des types dont la tronche ne me revient pas, j’ai des préjugés. Hier, j’ai eu des préjugés sur un type qui s’appelle Jesus et qui s’entraîne avec moi dans mon club de boxe et bien j’ai eu raison d’avoir des a priori, il m’a littéralement démoli…et alors, je me dis que la prochaine fois, je le démolirai moi…

Tu vois, Mustapha, tu n’es pas le seul à avoir subi des échecs, des préjugés, tout le monde en fait l’expérience…et ceux qui y arrivent sont ceux qui repartent, qui regardent devant et non ceux qui s’apitoient sur leur sort avec tous les abonnés du monde en pleureuses grecques… quel triste spectacle…tu viens de te payer une psychotérapie en direct, tu as eu ton quart d’heure de gloire, un peu comme les gonzesses de Secret Story…Bien joué, ça y est tu es content, tu es au centre des préoccupations…et dire que je suis certain qu’en t’embauchant tes patrons savaient parfaitement qu’ils allaient te faire écrire cet article… Je renvoie d’ailleurs mes rares lecteurs à ce titre de criticus… http://criticusleblog.blogspot.com/2009/09/mustapha-kessous-et-le-syndrome-de.html

Bon Mustapha, en continuant de décrire les Français comme d’ignobles racistes, tu ne fais que perpétuer la tradition malheureusement longue des films comme Dupont-Lajoie et de livres comme L’idéologie française signée bernadette HL…Et puis tiens, je te donne un conseil… ou plutôt une leçon de vie… » ce qui ne te tue pas te rend plus fort »…d’un certain Friedrich Nietzsche, mais j’imagine qu’au Monde, on ne doit pas beaucoup aimer ce philosophe…c’est qu’il doit être un peu extrêmiste pour oser porter de telles initiales…

Aller, une dernière Mousse, pour la route…

 

Cherea, de retour.


1 Response to “Victimisation quand tu nous tiens…”


  1. 25/09/2009 à 14:00

    Cherea juste un mot, demandez-vous, pourquoi des gars tout blancs et qui ont un maniement approximatif de la syntaxe, quand ils arrivent porte d’Auteuil, ont de grandes démangeaisons partout et une envie de tout casser dans le huis clos du Point du Jour où les tiennent les compagnies de CRS


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