Archive pour septembre 2009

30
Sep
09

Patriotisme

Comment être patriote dans la vie de tous les jours?

J’habite Madrid, de manière temporaire. Je dois affirmer que mon intention n’est pas de m’établir en Espagne et bien de retourner en France. Je ne suis donc pas ici pour m’établir et devenir à terme Espagnol.

 Il est plus facile d’être patriote dans un pays étranger qu’en France. Ainsi prends-je un vrai plaisir à affirmer mon identité française ainsi que mon appartenance à la civilisation européenne.

Concrètement comment fait-on?

Samedi, je voulais m’acheter un polo, j’ai comparé ceux des marques Polo Ralph Lauren, LaMartina et finalement j’ai opté pour un polo de marque Lacoste.

Le soir au restaurant, j’ai commandé un petit côte du Rhône.

Il faut bien stimuler les exportations.

Dimanche, je cherche un nouvel appartement avec ma copine sur internet. Elle m’appelle et me dit qu’elle en a trouvé un très bien. Je vais le voir. Je lui demande le quartier.

Elle me répond « Métro Trafalgar » d’un air innocent, comme si elle se doutait de quelque chose.

Je lui réponds « Tu oublies ».

Elle: « t’es pas sérieux »

Moi: » plus que jamais, il est hors de question que j’habite dans une rue qui s’appelle Trafalgar ou que je prenne le métro à la station Trafalgar tous les jours. Tant que tu y es, pourquoi ne pas habiter la rue de Juin 1940? »

Elle: c’est bon, j’ai compris, je cherche ailleurs…

Il y a des principes sur lesquels on ne peut transiger.

 

Cherea

 

PS: aujourd’hui, je suis dans les rues de Madrid. Je marche pour aller manger à côté de mon boulot. Je remarque trois types qui ont un style si reconnaissable et qui n’existe qu’en France, et qui fait florès surtout dans certaines banlieues. Trois racailles, je m’étonne, je n’en ai jamais vues en Espagne. Je me dis que c’est une nouvelle exportation française, pas la meilleure, survêt, casquettes de travers, lunettes de soleil fumées par une journée nuageuse… ils ouvrent la bouche « Putain, bordel, je te jure, inch’allah, qu’on va leur mettre une race, sur le Coran, Houjia… ».

Ce soir il y a Real de Madrid – Olympique de Marseille pour la deuxième journée de la Ligue des Champions…

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29
Sep
09

De Nerval ou l’épanchement des songes dans la vie réelle

De prime abord, je dois avouer que je ne suis pas spécialement  amateur de poésie. Pour moi, ne valent que le romantisme et ses illustres icônes: Baudelaire, Hugo, De Vigny, Lamartine, Musset… je pourrais également citer Rimbaud et pousser jusqu’à Mallarmé dont un des mes amis ne cesse de me chanter les louanges…à voir…

Néanmoins, dans le domaine de la poésie, rien, je dis bien rien ne m’a touché comme a pu m’émouvoir Gérard de Nerval et son fameux El Desdichado, certains m’opposeront Myrtho, la divine enchanteresse et son port altier…Mais rien, à mon sens, n’atteint la perfection de :

EL DESDICHADO

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule
Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le
Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La
fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

Je ne saurai expliquer. C’est comme cela… Pour bien apprécier ce miracle, il faut l’apprendre par coeur et surtout le lire à haute voix. Après reste cette première strophe miraculeuse, mystérieuse et pourtant si évocatrice. Comment avait-on pu ne pas penser à ce soleil noir, aujourd’hui, représentation absolue et universelle de la mélancolie? À ce malheureux prince sans royaume? À la ténèbre? Le symbolisme à l’oeuvre dans les strophes suivantes…mais revient hanter le lecteur ce premier vers qui exprime toute la détresse de l’homme qui a tout perdu en butte au destin…

Puis le reste assombrit d’une pâle lumière cette strophe initiale apocalyptique mais calme, crépusculaire tel le repos qui accompagne le condamné à mort lors de sa dernière nuit…

Tout est parfait dans ce poème, une incroyable discipline et pourtant on sent une absolue liberté dans les thèmes choisis… que viennent faire cette sirène et cette reine alors qu’on parlait d’un prince…serait-ce le songe de ce qu’il a perdu, de ce qu’il ne sera jamais…Impossible à dire…

Puis ces références mythologiques… L’Achéron, Orphée… malgré ce destin d’homme esseulé, perdu, notre héros lutte, lutte contre la force du destin, contre l’irréversibilité des choses écrites quand bien même la fin connue. Enfin ces valeurs croisées, les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Magique, vous dis-je, miraculeux…une telle prosodie, un tel rythme…Une telle liberté malgré la forme…imposée…voilà le vrai génie…

Pourquoi ce poème m’obsède-t-il? Parce que je n’en percerai jamais tous les mystères…enfin quelque chose d’un peu abscons qui me remet humble…et qui pourtant me pousse à me battre…à continuer…quand bien même tout serait écrit, El Desdichado, c’est Sysiphe avant l’heure…une leçon de vie et d’esthétique à usage quotidien…

Cherea,

28
Sep
09

Pronostics pour le prix Nobel de littérature

Voilà un truc qui me botterait bien, le prix Nobel de littérature…ça fait classe sur le CV, puis un million d’euros et des ventes multipliées par dix, moi je ne crache pas dessus…J’imagine que je ne l’aurai jamais… en effet, je cumule pas mal de tares, pour commencer, je n’ai encore jamais rien publié, mais bon on en a déjà vu des écrivains qui avaient publié dans des petites maisons d’éditions pourries à compte d’auteur… alors pourquoi pas? Puis je dois avouer que pour les matières scientifiques, c’est plutôt mal parti, alors que j’ai plutôt une bonne formation scientifique…puis le prix Nobel de la paix, à mons avis j’ai pas le look, manque de style, vous comprenez un type comme Gandhi, voilà une image qui impressionne, encore Martin Luther King, Rigorbeta Manchu, La Birmane, et plein d’autres encore… chacun avait un style propre… alors que moi j’adopte plutôt un style passe-partout…Puis pour le prix Nobel de littérature, je n’incarne pas vraiment ce que l’on pourrait appeler une claire conscience de gauche comme 90% des lauréats…

Borges ne l’a pas eu à cause de sa distance d’écrivain qui ne s’intéressait que de très loin à la politique et sa position face à la dictature argentine n’a pas été assez claire, alors que Neruda et son ode au tracteur ou Gabriel Garcia Marquez avaient l’un critiqué la dictature de Pinochet, l’autre opéré un rapprochement avec la dictature de Castro…

Donc, non, je n’aurai pas cette année encore mon prix Nobel de littérature….Mes parents vont m’en vouloir…

Alors faisons un pronostic, voyons la cote des écrivains telle que proposée par des sites de paris en ligne et relayée par P. Assouline:

  •  
    • Amos Oz, 4/1, pas mal, écrivain de gauche engagé en faveur de la paix, de plus il n’y eut qu’un écrivain qui écrit en hébreux qui l’a obtenu en 1966: Shmuel Yosef Agnon. Mais récompenser un auteur israélien l’année de l’intervention à Gaza, j’imagine que cela a fait tiquer quelques membres du comité Nobel.

 

  • Assia Djebar, l’algérienne d’expression française, c’est pas mal surtout que sa « littérature de combat » porte sur l’émancipation des femmes, le féminisme, la colonisation…j’imagine qu ‘en plus entre sa nationalité et sa langue d’expression cela représente comme on dit « un pont entre les peuples ». Contre elle: le prix Nobel de littérature a été décerné à un Français l’année dernière et puis la thématique qu’elle défend ressemble un peu trop à celle d’Orham Pamum récompensé il y a trois ans…

 

  • Phillip Roth, 7/1, pas mal la cote, surtout que c’est un des mes trois quatre préférés. Les problèmes résident dans le fait que le secrétaire général du comité n’est pas fan des écrivains américains et puis sa position pro-Israël pourrait gêner dans ce temple du gauchisme…Néanmoins, le nombre de grands romans qu’il a écrits, le comique de certaines situations et enfin son inventitvité narrative plaident pour lui…

 

  • Antonio Tabucchi, Claudio Magris, Haruki Murakami, Thomas Pynchon  9/1: quatre auteurs qui m’emmerdent profondément. Néanmoins on souligne la délicatesse de l’Italien et le symbolisme abscons de Pynchon, ce qui leur donnent un avantage. Pynchon qui n’apparait jamais à la télévision ne viendra donc pas chercher son prix, ce qui pourrait emmerder le comité Nobel qui cherche des bons clients…souriants et qui font de beaux discours.

 

  • Arno Lustig, Atiq Rahimi, Don DeLillo, Ko Un, Les Murray, Mario Vargas LLosa, Yves Bonnefoy 16/1: Atiq Rahimi et puis  quoi encore, son corpus littéraire est plutôt mince mais il a le style: un afghan qui écrit en Français sur le malheur des femmes et qui prend position pour les sans-papiers, c’est bien. Plus sérieusement Don DeLillo le mériterait pour ses écrits que l’on peut qualifier de prophétiques: je renvoie spécialement à Mao II qui décrit le 11 septembre 2001, à Cosmopolis qui raconte la chute des traders et de Wall Street ainsi qu’à Outremonde…on l’a compris c’est un de mes favoris. Vargos Llosa écrit assez bien, la fête au bouc est un presque chef d’oeuvre et puis cela fait vingt ans qu’il n’y a pas eu d’écrivain de langue castillane primé…néanmoins sa carrière politique et ses positions libérales pèsent en sa défaveur dans un comité éminément politique…

 

  • A.S. Byatt, Bei Dao, Carlos Fuentes, Chinua Achebe, Gitta Sereny, Herta Mûller, Mahasweta Devi, Michael Ondaatje, Milan Kundera, Vassilis Aleksakis  50/1: Carlos Fuentes ressemble trop à mon goût à un apparatchik de la littérature avec un engagement très marqué à gauche ce qui ne l’a pas empêché de devenir Ambassadeur du Mexique en France…Milan Kundera, encore un qui ne l’aura pas, la polémique de l’an passé n’est pas éteinte et puis ses critiques récurrentes sur le communisme, son art de la plaisanterie, du roman en font un romancier pas assez noblélisable à mons avis.

 

  • Enfin peut-on exclure une grosse surprise: Cormac McCarthy,Bob Dylan, Patrick Modiano…Umberto Eco, Salman Rushdie, je le pense sincèrement… Dommage pour Salman Rushdie, cela aurait été pas mal de distinguer cet écrivain à l’aube d’un Iran nucléaire…et pour Mccarthy qui porte déjà un nom difficile et  fait en plus l’apologie du cow-boy texan, ça va être dur, néanmoins il a publié récemment un incontestable chez d’oeuvre, La route.

Donc voilà, j’ai listé les principaux candidats et à part énorme surprise, le lauréat 2009 devrait se trouver dans la liste ci-dessus. Vous aurez compris que j’ai des préférences mais la réalité politique à ses raisons. Ainsi ferais-je trois listes réduites:

  • Mes préférences: Roth, Don Delillo, Kundera, Vargas LLosa
  • Les probables: Amos Oz, Assai Djebar
  • Des surprises mais pas trop: Pynchon, Tabucchi, Murakami.
  • Les improbables: McCarthy, Rushdie…

Notez que je prends des risques en faisant un pronostic, peu s’y mouillent alors soyez indulgents le jour du résultat…et si ça se trouve je n’ai même pas cité le futur lauréat…

 

Cherea.

25
Sep
09

Victimisation quand tu nous tiens…

Bonjour à tous,

il y a un moment que je n’ai pas pondu d’article à cause d’événements indépendants de ma volonté qui ont contraint mon agenda… Ce blog n’étant pas la priorité, l’astreinte que j’ai essayée de m’infliger n’a pu être tenue. Voyez m’en désolé.

Désormais, retour aux affaires. J’ai noté de nombreux sujets sur lesquels je voudrais réagir, mais l’actualité étant ce qu’elle est, un rouleau compresseur qui va à la vitesse de la lumière, épiloguer sur les matchs de l’équipe de France de football… ou sur la nouvelle politique de la semaine dernière n’a déjà plus sens aujourd’hui 25 septembre.

Bon, Bon, Cherea, arrête de louvoyer et va au but.

Alors, voilà, qui n’a pas lu l’article du monde intitulé « Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone ».

Alors voilà mon article en réponse à Mustapha…

 » Ca fait bien longtemps que je ne dis plus d’où je suis originaire »

Vous comprenez, j’ai grandi dans des quartiers huppés de la capitale française, quartiers ridiculisés par les Inconnus sur la télévision publique dans les années 90. J’avais alors une dizaine d’années et ne comprenait pas encore qu’il y avait des gens qui vous détestaient pour des raisons indépendantes de vos volontés. Après tout, je n’ai pas choisi de grandir dans le 16ème, ce sont mes parents qui s’y sont installés sans demander mon avis.

Après cette chanson des Inconnus, qui a jeté, je tiens à le répéter, l’opprobre sur toute une catégorie de la population, plus rien n’a jamais été pareil…
Lorsque je partais en colonie de vacances, avec des enfants originaires de tous milieux et de toutes conditions, dès que je disais que je venais du 16ème arrondissement, les autres enfants me tournaient le dos, si ce n’est pas du racisme cela…on me traitait de « sale bourge », de « sale blanc »….et je n’ose encore écrire ici les plus cruelles.

Faisant pendant deux ou trois ans l’expérience de ce racisme ordinaire, j’ai décidé de me censurer mentalement et puis de ne plus dire que j’habitais dans le 16ème, mensonge salutaire, j’affirmais maintenant habiter le 15ème arrondissement (moins bourgeois certes, mais aussi nettement moins marqué dans l’esprit du type de base)…

Mais chassez le naturel, il revient au galop. Mon élocution, mon vocabulaire, mes manières courtoises me trahirent…rapidement et aussi certainement que si j’étais une femme musulmane et que je portais une burqa… Ainsi donc jamais n’ai-je pu me départir de mes origines et pourtant moi aussi je voulais être un Français tout court, un Français quoi.

J’ai compris alors, que jamais, jamais, je ne pourrai effacer cette infâme trace d’une éducation bourgeoise d’une famille aisée…Lorsque je jouais au football en club, j’avais d’abord opté pour des clubs de banlieue ayant une bonne équipe. Bien qu’ayant convaincu les entraîneurs de me laisser ma chance, mes coéquipiers ne m’ont jamais adressé la parole, ni même un ballon sur le terrain. Pourquoi? Cette différence, j’étais blanc, je venais du 16ème arrondissement, je continuais mes études…je parlais sans faute de syntaxe et sans glisser une insulte tous les deux mots… J’ai dû me replier sur un club communautaire de mon quartier d’origine qui s’appelait le Stade Français et qui avait le malheur de porter le nom honni de notre patrie sur son blason. À tous nos matchs en banlieue, on recevait systématiquement des insultes, « sale français », « barrez-vous », on est chez nous. On m’objectera que ceci n’était que l’intimidation classique qu’entretiennent les adversaires lors d’une partie…très bien… encore des exemples: quid de ce rappeur qui me dit que je ne peux pas prétendre à mixer car je suis blanc et que je viens du 16ème… quid de cette jolie fille qui me dit qu’elle ne peut sortir qu’avec des musulmans et que je suis donc disqualifié… quid ces deux bonnes femmes qui me font passer un oral pour entrer dans une des très grandes écoles de commerce de Paris et qui me saquent car je viens du 16ème et d’une prépa privée….

Tu vois, Mustapha tu n’es pas le seul à avoir souffert des préjugés, tu as la chance de pouvoir t’exprimer dans deux ou trois pages dans Lemonde, tu crois que moi aussi, je pourrais me plaindre…de cette manière…

Non? évidemment et tu sais pourquoi parce que ce n’est pas dans ma, notre nature, culture de se plaindre…qu’à chaque échec, on bande les muscles et on repart au combat…ce que tu décris n’est pas du racisme, c’est simplement que ta gueule ne revient pas à certains. Moi aussi, il y a des types dont la tronche ne me revient pas, j’ai des préjugés. Hier, j’ai eu des préjugés sur un type qui s’appelle Jesus et qui s’entraîne avec moi dans mon club de boxe et bien j’ai eu raison d’avoir des a priori, il m’a littéralement démoli…et alors, je me dis que la prochaine fois, je le démolirai moi…

Tu vois, Mustapha, tu n’es pas le seul à avoir subi des échecs, des préjugés, tout le monde en fait l’expérience…et ceux qui y arrivent sont ceux qui repartent, qui regardent devant et non ceux qui s’apitoient sur leur sort avec tous les abonnés du monde en pleureuses grecques… quel triste spectacle…tu viens de te payer une psychotérapie en direct, tu as eu ton quart d’heure de gloire, un peu comme les gonzesses de Secret Story…Bien joué, ça y est tu es content, tu es au centre des préoccupations…et dire que je suis certain qu’en t’embauchant tes patrons savaient parfaitement qu’ils allaient te faire écrire cet article… Je renvoie d’ailleurs mes rares lecteurs à ce titre de criticus… http://criticusleblog.blogspot.com/2009/09/mustapha-kessous-et-le-syndrome-de.html

Bon Mustapha, en continuant de décrire les Français comme d’ignobles racistes, tu ne fais que perpétuer la tradition malheureusement longue des films comme Dupont-Lajoie et de livres comme L’idéologie française signée bernadette HL…Et puis tiens, je te donne un conseil… ou plutôt une leçon de vie… » ce qui ne te tue pas te rend plus fort »…d’un certain Friedrich Nietzsche, mais j’imagine qu’au Monde, on ne doit pas beaucoup aimer ce philosophe…c’est qu’il doit être un peu extrêmiste pour oser porter de telles initiales…

Aller, une dernière Mousse, pour la route…

 

Cherea, de retour.