21
Août
09

J’ai essayé

 

«  Confessions : drôle de mot, mais il paraît qu’aujourd’hui tout doit être transparent, tout doit se savoir, c’est du devoir, que dis-je, du devoir, on est obligé d’étaler sa vie privée partout et tout le temps. Il faut mettre ses photos de vacances, soirées sur Facebook et autres réseaux sociaux. Donc puisque la transparence est à la mode, je vais tenter de la suivre. Puis Confessions,  c’est les restes de nos professeurs « rousseauistes » qui nous ont fait étudier Jean-Jack comme ils l’appelaient mais nous transmettaient leurs interprétations, si éloignée fussent-elles du texte.

Donc, Monsieur Le directeur de recherche au CNRS, ne me jetez pas la pierre, s’il vous plaît, je vous jure que j’ai essayé et bien plus que vous ne le croyez. Avant de me juger, écoutez ce que j’ai à dire, Monsieur le Gardien des valeurs républicaines démocratiques et universelles, j’ai un pédigrée (excusez-moi je vous promets de plus utiliser de mots français alors qu’il existe un mot anglais exprimant exactement la même chose, j’aurais dû dire background, comme cela vous comprendrez peut-être mieux ce que je veux dire). Alors voilà, mon background ne plaide pas pour moi. Voyez, je ne suis pas issu des quartiers et encore moins des minorités visibles puisque mes parents sont français, fiers de l’être, et même patriotes. Mon père m’a appris la Marseillaise quand je n’avais pas cinq ans, donc vous comprenez, Monsieur l’éditorialiste de quotidiens qui ne se vendent plus et dont le salaire est versé par Rothschild, que j’ai subi une éducation fasciste depuis ma plus tendre enfance, d’autant plus fasciste que mon père a toujours voté à droite, même pour Giscard en 1981. Mon cas est d’autant plus grave, que ma mère, femme admirable, mais peu moderne, puisqu’elle n’a jamais divorcé, a toujours gardé le même mari, a éduqué ses enfants, et a aussi travaillé toute sa vie, n’a pas participé aux luttes des féministes, ni dans les années 70, ni avant, ni après, donc vous comprenez, Madame La conseillère d’orientation idéologique, que ça n’a pas été facile de m’échapper de ce carcan de pensée liberticide. Et pourtant, je vous jure que j’essayé alors même que je recevais une éduction traditionnelle fondée sur des valeurs, je n’ose vous dire lesquelles, ça rappelerait trop les heures les plus sombres de notre histoire, Monsieur le  professeur de sociologie (Ah excusez moi j’ai oublié de préciser vos titres, alors je reprends : Monsieur le professeur de sociologie, agrégé des universités soixante-huitardes, Docteur honoris Causa de l’université de Lesbos, Ph.D. ès études transgenres, Président de l’association des amis de Jack Lang, Fondateur du mouvement auto-da-fé pour les écrits de P. Murray…) ; je vous jure que j’ai essayé et que j’ai fait des efforts. Alors mon premier souvenir remonte aux années 92 ou 93, je crois. J’avais vu un type en chemisette blanche lançant un vibrant appel  pour que chaque écolier de France amenât un kilo de riz pour aller sauver des enfants en Somalie. Au moins appris-je où se situait la Somalie, alors que ma mère avait vainement essayé de m’intéresser à cette partie du monde en me lisant quelques extrait de l’œuvre de Monfreid puis en me racontant la vie de Rimbaud, mais bon je dois avouer que Rimbaud, ça ne me prenait pas aux tripes alors que la poésie déclamée par les artistes engagés des années 80 et 90, ça avait de la gueule, ils avaient des bandanas autour du cou ou du jean, puis ils passaient à la télé alors que Rimbaud ou Monfreid, moi je ne les ai pas vus à la téloche… donc le soir, après que le professeur principal eut donné pour devoir de ramener un kilo de riz pour le lendemain, j’ai quémandé une pièce de cinq francs à mes parents. Je leur ai expliqué pourquoi je voulais une pièce de cinq francs. Ils n’étaient pas convaincus mais quand je leur ai dit que c’était pour remplir mon devoir de collégien, ils n’ont pu se soustraire. Imaginez-vous,  Monsieur le… (ah pardon, vous êtes une femme maintenant…ah je ne savais pas… je croyais que vous étiez né(e) homme donc vous comprenez ma méprise…ah bon, ça n’existe pas les hommes et les femmes, vous dites que c’est une construction sociale visant à  la domination des femmes par les hommes…et le chromosome Y, lui il n’existe pas, ah très bien si vous le dîtes, donc comment je vous appelle. Ah je ne vous appelle pas, ah ben oui, puisqu’il y a un genre pour chaque mot, donc comme cela en ne vous appelant pas , je nie l’individu que vous êtes, et comme cela il n’y aura plus de différence entre les êtres…) donc, je dois vous dire que le lendemain j’ai eu une mauvaise note au collège puisqu’avec mes malheureux cinq francs, je n’ai pu faire, l’acquisition que de 500 grammes de riz, chez l’arabe du coin et non du kilo obligatoire demandé par la monsieur en chemisette blanche et par mon professeur.

Quoi, quoi, quoi, pourquoi criez-vous ? Ah, j’ai dit arabe du coin, ah bon je ne savais que c’était raciste, mais à ma décharge, la personne que je ne nomme pas, sachez que mes grand-père, père et mère l’ont toujours appelé ainsi, donc ce n’est pas vraiment ma faute…mais je comprends mon erreur maintenant. Je dirai plus qu’il était au coin de la rue, puisque comme vous le savez, M. le maître de conférence ès pédagogie en IUFM,  les magasins qui sont sur la même rue mais qui ne sont pas au coin se trouvent discriminés par le local qui, lui, est au coin. Donc je dirai désormais le magasin plutôt que l’arabe du coin, je comprends qu’il faille abolir les nuances dans le langage-même car si on les abolit ainsi, on abolira les nuances et les différences au niveau de la pensée-même. Cette situation me rappelle étrangement un passage d’un livre…

Malgré cette mauvaise note, Madame la journaliste spécialiste de la psychologie lacanienne-freudienne-youguienne-ruffoienne mâtinées d’influences Evelyne Thomaesques de magasines féminins, j’ai continué à essayer et plus j’essayais plus j’étais en contradiction avec mes parents, l’extase, vous savez, être rebelle, adolescent et se disputer avec ses parents… ça c’est cool…Oh vous savez, c’était surtout sur le plan des idées qu’on combattait, eux avaient les leurs, plutôt arrêtées, que dis-je arrêtées, arriérées, serait plutôt le mot qui convient, puisque vous comprenez, mes parents, surtout mon père d’ailleurs, étaient opposés à la fin du service militaire, à l’immigration de masse, au remboursement de l’avortement par la Sécu et préférait Gérard de Nerval à MC Solaar. De Nerval ? c’est un poète français du XIXème siècle, vous ne connaissez pas Monsieur le professeur de Français, non ce n’est pas grave. Aucune importance, donnez plutôt des textes de Grand Corps Malade à vos élèves. Donc vous voyez bien que j’ai essayé. J’ai vraiment essayé d’imposer mes idées, enfin en même temps,  pour être tout à fait honnête, ce n’était pas vraiment mes idées, puisque je reprenais mot pour mot ce que je lisais dans les journaux, ce que je voyais à la télévision, ce que j’entendais à la radio, ce que racontaient subtilement certains professeurs.

Laissez-moi continuer, pour vous prouver que j’ai vraiment essayé. J’ai assisté à des manifestations lycéennes (mais c’était vraiment plus pour aller fumer des joints et draguer de la gauchiste, elles avaient la réputation, erronée d’ailleurs, d’être plus chaudes que les autres, mais elles étaient plus sales aussi), j’ai essayé de rire aux blagues de Jamel , j’ai essayé de croire que la République, que dis-je la République, la Démocratie, l’Univers lui-même furent en danger en avril-mai 2002. J’ai essayé de croire que le monde s’arrêterait de tourner si les Français votaient non en mai 2005. Je dois vous dire, également, grosse baltringue soixante-huitarde médiatique de merde, que je n’y ai plus cru, en fait et très tôt. Je crois qu’à quinze ans j’en étais à peu près revenu, je n’étais plus dupe et ce malgré le matraquage médiatique de petit flic auquel que tu te livrais avec BHL et autres tocards. Tu as raté ton coup. Ca n’a pas marché avec moi et ça ne marchera plus. Donc maintenant, Madame, Monsieur, truc dégenré, prisonnier de ta burqa idéologique, continue de parler, mais tu n’atteindras plus ton but. Tu me fais penser, Madame, Monsieur Pangloss à un vieux combattant qui raconte pour la nième fois ses exploits durant la guerre, à l’infinie différence que j’ai du respect pour l’ancien combattant et que je n’en ai pas pour toi, qui n’as combattu que des traditions millénaires attachées à une terre, à un pays, à une civilisation.

 

Tu as tenté de détruire tout ce dont tu étais le fruit, ça s’appelle un suicide. Vas-y, saute, mais saute seul.

 

Je reprends, j’ai essayé un peu sans trop y croire de valider ton idéologie moisie. À dix-huit ans, j’ai définitivement renoncé à essayer de souscrire à tes préceptes, j’avais décelé l’arnaque.  

Tremble, tremble, c’est l’heure de la Reconquista. »

Il est absolument fondamental de lire P. Muray. Cependant, je refuse de croire que l’Histoire est finie et que nous sommes dans l’Après-Histoire, comme on serait un corps sans vie plongé dans du formol. J’ai rencontré énormément de gens qui pensaient pareil que moi, même s’il fallait les désinhiber et leur dire que leurs propos n’étaient ni racistes, ni fascistes…ni tabous…Ils ont tout de même réussi en partie leur travail de rééducation… reste à combattre… Mon idéologie, je pourrais dire notre, mais je ne parle qu’en mon nom, si tant est qu’il y en ait une s’appelle le bon sens. »

 

Je tiens à remercier les nombreux bloggers de la réacosphère qui combattent jour après jour, article après article, et dont la lecture m’a poussé à publier. Parmi lesquels Fromage +, Le grand charles, Cultural Gang Bang, Hank, Baroque & Fatigué, Le Bal des Dégueulasses, … à ceux que j’oublie, je vous citerai une prochaine fois…

J’espère écrire avec autant de constance…

Bonne chance à Marie-Thérèse Bouchard, dont je reprends le Pangloss.

Prochain article lundi ou mardi intitulé : l’allégorie de la caverne appliquée aux Modernes.

 

Cherea.


8 Responses to “J’ai essayé”


  1. 1 ulysse31
    22/08/2009 à 01:23

    bienvenue , tu as pris la bonne pillule (cf matrix)
    reconquista ou pas , ils auront au moins le mérite de nous avoir dézombifié pour certains , il faut leur rendre ça .
    Et puis c’est l’occassion de construire l’europe pour peser face al chine, l’inde, les usa, la russie si on n’arrive pas a s’associer avec elle .
    comme le disais louis ferdinand céline, du racisme, du racisme , du racisme pur et dur, , si c’est pas nous qui le sommes , qui le pourrait ?

    une petite lecture de l’iliade et l’odyssée te ferait du bien🙂

  2. 22/08/2009 à 01:35

    Cool. C’est une véritable invasion, on va pouvoir former une petite armée.

  3. 22/08/2009 à 05:16

    Bon texte, drôle et acerbe! Bonne continuation.

  4. 22/08/2009 à 09:12

    Oh ben dites donc, comment vous y allez, vous!
    Bienvenue😉

  5. 23/08/2009 à 17:49

    Bienvenue dans ce blog,
    Bonne continuation à votre lourde main.
    Bien amicalement à Cherea et à tous,
    Otton Wann.

  6. 24/08/2009 à 11:34

    Vive Muray, et bienvenue chez les réacs.

  7. 24/08/2009 à 13:48

    Ouah, l’autre : il me laisse un commentaire à la maison pour m’attirer ici, et je ne suis même pas en lien avec les autres grands anciens !

    Je vous envoie Cthulhu et Nyarlatothep, pour vous apprendre à trembler droit.

  8. 8 cherea
    24/08/2009 à 14:21

    Bonjour Didier,

    vous prenez vite la mouche et votre lecture est parcellaire.Notez ma dernière phrase « À ceux que j’oublie, je vous citerai une prochaine fois », patience est vertu. De plus vous êtes dans mon blogroll…

    Cordialement


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