09
fév
10

Amour et désir

Il y a quelques années, alors que j’entrais dans la vingtaine, j’entretenais ce que l’on peut nommer une liaison que je considérais torride avec une femme qui avait un lustre de plus. Cette liaison a duré plusieurs années même si j’ai toujours mis beaucoup de distance entre elle et moi pour les raisons classiques: refus de s’engager, lâcheté…Malgré notre liaison, j’en entretenais d’autres…À l’heure de ma rencontre avec ma régule, il m’a fallu rompre avec cette maîtresse pour qui j’éprouvais un immense désir. Il a donc fallu mettre un terme à cette débauche de plaisirs. Nous n’étions pas dans la même ville, je l’ai fait par téléphone annulant de fait un week end avec elle prévu de longue date. Elle est donc tombée de haut à l’annonce de mes résolutions, je serai désormais l’homme d’une femme pour qui j’éprouve un immense amour. Elle a pleuré longtemps, m’a supplié de ne pas la laisser comme cela, que l’on se voie pour en discuter…elle m’a rappelé ses charmes, m’a promis des pratiques que la morale réprouverait…a menacé de faire une bêtise…elle m’a demandé de la sauver, je lui ai raconté que je n’étais pas Jésus Christ, elle m’a rétorqué qu’au contraire, j’étais son Sauveur et que si je ne le faisais pas pour moi, je devais le faire pour elle… Je lui ai rappelé ce que je considérais être notre accord, que j’avais du désir pour elle et non de l’amour et que l’honnête homme que j’essayais d’être devait naturellement aller vers l’amour et non céder éternellement au désir…Je ne dis pas qu’amour et désir sont inconciliables mais simplement qu’ils coïncident assez rarement…j’ai la chance d’avoir les deux chez ma douce…mais il est probable que les deux ne se rencontrent pas, l’honnête homme, tel que je le conçois, ne doit pas céder à ses pulsions…c’est ce que toute la philosophie essaie de nous enseigner…faire parler la raison…sur quoi repose une relation uniquement basée sur le désir…c’est pour cela que je me marre bien quand je vois un vieux beau qui a quitté sa femme pour s’amouracher d’une petite jeunette qui le mènera à la tombe…Ah passion du désir, cris des hormones que l’homme de bien doit réfréner…

J’aurai toujours plus de respect et d’admiration pour un type qui toute sa vie reste avec la même femme, quitte à voir une maîtresse de temps en temps, qu’un type qui sera fidèle à sa femme et puis à cinquante ans largue sa douce pour une jeunette, mais le type a sa fierté car il a été fidèle à sa femme…puis il a été transparent en plus alors il peut se regarder dans la glace tous les matins en se levant…Vive l’hypocrisie…

Cherea

08
fév
10

Questionnaire

Un questionnaire que j’ai piqué chez Baroque et Fatigué qui tire sa révérence et à qui je souhaite bonne continuation…

1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Assez facile puis douloureux…une certaine aisance pour lire, plus difficile pour écrire. Un nouvel apprentissage de la lecture vers 8-9 ans pour corriger une orthographe défaillante.

2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

Dumas et les magazines d’information.

3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Indispensable pour la poésie, que je n’aime pas trop, exceptée celle du XIXème siècle en France et quelques poètes anglais.

4) Votre conte préféré ?

Je n’ai jamais trop aimé les histoires qui commençaient par il était une fois… en réfléchissant bien je devrais en trouver, mais spontanément, rien ne me vient à l’esprit.

5) La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?

No country for Old Men, L’armée des ombres, le père nöel est une ordure, La route, Jules César…

6) Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?

Oui. Racine, Baudelaire, De Nerval. Et Shakespeare…

7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

Celui qui est dans ma poche.

8 ) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

Underworld USA, James Ellroy, La semaine sainte de Aragon, Le XIXème siècle à travers les âges de P. Muray

9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?

De Nerval, Shakespeare.

10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Mort à crédit, Céline, je crois l’avoir lu en une nuit de feu quelque part sur dans une auberge sur une plage brésilienne.

Du côté de chez Swann, j’ai essayé une bonne dizaine de fois de m’y mettre, je n’arrive pas à passer les cent premières pages…

11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Oui. Avantageuses en termes de finances et de transport, essentiellement.

12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?

Une intégrale de Shakespeare, le Lagarde et Michard consacré au XIXème siècle, le voyage et Mort à crédit de Céline.

13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?

Assis (chez moi). Debout (dans le métro, dans la rue).

14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?

Quelques-unes oui, l’état d’esprit du moment, du fluo pour les citations qui m’ont ébloui sur le moment.

15) Offrez-vous des livres ?

Oui. Avec des dédicaces soignées, et tout.

16) La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’offrit ?

« Pris dans la tempête de l’histoire, de ses paradoxes et problèmatiques, l’homme de bien est contraint à des choix dont le temps seul révèle la pertinence. C’est par un hommage à ce courage que je te souhaite mes meilleurs voeux! À mon frère de lait, affectueusement » sur la couverture de la Semaine sainte de Aragon.

18 ) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les oeuvres intégrales ?

Aucun auteur dont j’ai tout lu…je ne pense pas que ce soit même souhaitable…en revanche des auteurs dont j’ai lu nombre d’oeuvres James Ellroy, Borges, Voltaire, Roth.

19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

Mort à crédit, la conjuration des imbéciles, Portnoy et son complexe

20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?

L’empereur du Portugal de Salma Lagerloff, bahia de tous les saints Amado, êtres sans destin Kertesz, Colonel Chabert Balzac m’a tiré des larmes à mes quatorze ans…toutes des salopes…dur pour un coeur pur de quatorze ans.

21) Le Livre qui vous a terrifié ?

Aucun spontanément, je ne lis pas de trucs de science-fiction ou d’épouvante, peut-être quelques Stephen King vers dix-douze ans.

22) Le livre qui vous a fait pleurer ?

Voir 20).

23) L’avertissement / l’introduction qui vous a le plus marqué ?

Probablement les incipit des nouvelles de Borges.

24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?

Voyage au bout de la nuit, désolé pour le manque d’originalité…

25) Décrivez votre bibliothèque.

Des étagères pleines à craquer, un classement selon les auteurs français, américaines et étrangers puis des sections théâtre, poésie… Des tas de bouquins partout qui traînent alors que ma compagne me fait la guerre pour les ranger, ce à quoi je me plie sans combattre.

26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

Les manuels qui m’ont servi pour mes études. Le reste reste.

27) L’endroit le plus insolite où vous lisez ?

Au zinc du troquet où je prends mon café lors de mes pauses.

28 ) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Quelques relectures Céline et Borges bien sûr…et quelques oeuvres très France charnelle comme Chardonne, Maurras que je ne connais pas…et probablement approfondir ma connaissance très superficielle de Bernanos.

29) Votre livre d’art préféré ?

Des éditions originale de Enrico Baj ou de Chu-teh-chun…très apaisant surtout ceux de Chu-teh-Chun accompagnés de textes de François Cheng, malheureusement encore au-delà de mes possibilités…mais j’aime bien les feuilleter.

30) La bibliothèque idéale ?

Dans un prochain article…

31) L’incipit qui vous a le plus marqué ?

Celui de la Bibliothèque de Babel de Borgès.

32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?

Amen.

05
fév
10

Les objets du scandale…

L’actualité ne s’arrête jamais, une polémique en chasse une autre, aussitôt oubliée, aussitôt évacuée par les chiottes de l’histoire venant nourrir les fausses sceptiques. L’avantage de tenir un blog est, j’espère, l’effet d’éternité. Pareils aux écrits qui ne brûlent jamais, les articles d’un blog…Bon alors je voudrais revenir sur trois polémiques du moment qui sont, à mon avis, une illustration de l’époque, une photographie du moment, qui introduisent les temps à venir.

1) Regardez bien cette photo…

C’est un reportage de Vanity Fair du mois de février qui distingue une dizaine de jeunes actrices qui vont secouer Hollywood car elles apparaissent dans des films très attendus. Cette photo fait donc polémique et certains n’hésitent pas à qualifier Vanity Fair de raciste, en effet, voyez-vous, aucune des actrices mises en avant n’est noire ou d’origine latino…Comme dirait l’autre c’est une équipe « White, white, white ». Bref quand il y a une énorme majorité de Noirs, on ne le voit pas, si c’est pareil avec des blanches, c’est raciste…

2) Obama ne se rendra pas en au mois de mai au sommet Europe-USA qui devait avoir lieu à Madrid, où tous les présidents américains se rendent, entérinant et réaffirmant de fait une alliance stratégique occidentale. Obama ne viendra pas, préférant aller en Asie…visiter les Indonésiens…Les Européens ont donc gagné, félicitations à tous, nous qui appelions à un monde multipolaire, à une alliance des civilisations…voilà nous y sommes, les Etats-Unis en ont pris acte et considèrent donc l’Europe un pôle comme un autre de ce monde multipolaire…

3) On a appris il y a quelques jours qu’un type du nom de Don « Moose » Lewis voulait créer une ligue de basket-ball réservée uniquement aux joueurs blancs. Évidemment, tout le monde lui est tombé dessus en l’accusant de racisme…L’article de Libération fait encore une fois une mauvaise lecture. C’est exactement le contraire du racisme. De plus, Liberation fait montre de racisme puisque  » Dans le milieu du basket, personne n’imagine que cette ligue blanche puisse vraiment voir le jour : non seulement les joueurs seraient médiocres, mais les sponsors ne voudront jamais s’associer à un tel projet. »

C’est en effet le contraire du racisme pour les raisons suivantes:

  • Les Etats-unis sont un pays communautariste au sein duquel les Blancs formaient la communauté la plus puissante et avaient fondé des institutions en convenance avec leur particularisme.
  • Voulant « décommunautariser » ces institutions, des lois ont introduit le principe de Affirmative Action.
  • Les institutions ne répondent désormais plus aux canons de la communauté blanche américaine.
  • Une partie de cette communauté blanche américaine ne sentant pas à l’aise avec ces nouvelles institutions décident de fonder de nouvelles institutions répondant aux spécificités de la communauté blanche américaine (ne me demandez pas lesquelles…?) imitant ainsi les stratégies de communautés minoritaires dans le passé.
  • Par cette action, une partie de la communauté blanche montre qu’elle est une communauté comme une autre…
  • Il se passe la même chose en France à une échelle moins importante, combien de clubs de football amateurs se regroupent par communautés? Combien de clubs s’appellent Black Star, Créteil Babel Club…?
  • C’est bien le contraire du racisme puisque cela prouve que nous sommes arrivés à l’ère post-raciale qu’Obama appelait de tous ses voeux lors de sa campagne dans son célèbre discours de Philadelphie…

Cherea

04
fév
10

Medieval madness

Je crois avoir dépensé la moitié de mon fric de poche entre 15 et 17 ans à jouer à Medieval Madness, le flipper. Je ne sais pas ce qui m’hypnotisait dans ce flipper mais ça marchait. Dix balles les trois parties, quand c’était en francs, deux euros la même chose en 2002, passage à l’euro oblige. Merci les mecs et surtout ne croyez pas qu’il y ait eu une inflation, les chiffres disent le contraire, c’est la BCE qui le dit. Bon mais revenons au flipper, il y en avait un Au moulin d’Auteuil, porte d’Auteuil et un autre Aux Ondes à côté de la maison de la radio, où déjà les animateurs gauchistes de RadioFrance venaient prendre le café et refaire le monde tout en faisant chier les adolescents que nous étions parce qu’on faisait trop bruyant avec notre flipper…

Je ne vais pas mettre de politique là où il n’y en a pas, quoique…c’est un truc que j’aime bien…néanmoins demandez à n’importe quel amateur de flipper, lequel emporte la palme, on vous répondra Medieval Madness sans sourciller…

Mais pourquoi un tel engouement? Je pense que c’est le retour aux sources…une brève escapade dans le monde d’avant, celui des hommes et des femmes…et pas le monde de fictions dans lequel on évoluait…

Il fallait donc détruire des châteaux forts tenus par des barons, des comtes…des ducs et ainsi de suite pour finir par se faire celui du Roi, prendre sa femme…et là mec tu devenais le Roi, le King…mais je crois bien que le truc qui me plaisait vraiment dans ce truc-là, c’était que l’effort était un peu physique tout de même, les mains à hauteur de hanches sur les boutons, appuyer sur les flip quand la bille arrivait…un bon coup de poignet…et puis aussi donner un petit coup de rein avec la hanche pour faire tenir la bille du bon côté…et puis c’était aussi une question de style comment tu tenais au flipper, et du style j’en avais à revendre…y avait les besogneux, avachis sur le flipper, littéralement en train de lutter, les sans style, genre fonctionnaire du flipper sans affect, et puis les aristos du flipper dont je faisais partie…le buste bien droit éventuellement une légère inclinaison vers l’avant…le pied droit légèrement reculé par rapport à l’autre, claquer une fourchette de temps en temps, péter un château à coups de boutoir, niquer du troll avec les trolls bombes (désolé pour ceux qui ne comprennent rien), sauver de la princesse…

Putain une sacrée époque que celle du flipper, de ce Medieval Madness, de ce combat pour le royaume, le tout accompagné d’une bande-son tonitruante des vibrants  » Battle for Kingdom ». Fini le Medieval Madness, je n’en trouve plus trop… quelques zincs peut-être où on peut encore en griller une avec blonde, en faisant péter le flipper..

Si par hasard, un lecteur en a un à vendre, merci de me soumettre le prix…Regardez cette petite, elle a encore beaucoup à apprendre, mais c’est déjà pas  mal.

Cherea

03
fév
10

RAS…MRAP…Tout va bien Mme la marquise…

J’ai très peu de temps et pourtant la furieuse envie d’en prendre, du temps, pour ce modeste blog, chaque jour plus féroce, j’espère…et peut-être que je pourrais figurer en bonne et due forme sur la liste du MRAP. C’est fantastique d’observer à la loupe leur définition du racisme, en gros faire des généralités, et voilà que le MRAP met dans un même rapport tous les les sites n’allant pas dans le sens de l’histoire, de la tolérance…sans quasiment aucune distinction…intéressant de mettre des site comme ILYS, CGB ou Didier Goux à côté de sites prônant l’avénement d’un IVème Reich disons que c’est comme mettre Ben Laden et Jamel Debbouze sur la même photo…non ne ce n’est pas du racisme…

Mon blog n’est actif que depuis peu, août 2009, j’espère que je ferai partie de leur prochaine liste car là j’ai l’impression de me pointer à une soirée, moi bien sapé, des jeunes poules sapées comme les petites bourgeoises de mon adolescence rue de Passy, devant et derrière moi, et puis au moment d’entrer, le videur, un type avec une tronche pas très catholique à s’appeler Mouloud me demande de faire demi-tour sous prétexte que je ne suis pas sur la liste. Moi je vous le dis c’est du racisme, clair et net, d’ailleurs j’aurai besoin de quelques types de la réacosphère pour aller faire une séance de testing pour discrimination de la part du Mrap.

Je suis passé sur le site du Monde, deux articles m’ont fait bondir…

Le premier traite du maire de Montpellier qui va conduire la liste PS dans la région et qui s’intitule Hélène Mandroux, une émancipation progressive. Marrant de la part de ce journal, quand Besson s’émancipait du PS, on parlait de trahison…notez la subtile nuance, personnellement j’aurai titré Hélène Mandroux, récit d’une trahison. Frêche, Nicollin, Depardieu…voilà une belle équipe…avec qui j’irai picoler du pif et bouffer autour d’une bonne table et pas avec les sinistres du PS.

Le second, c’est donc ce connard de Besancenot qui présente une bonne femme voilée dans le Vaucluse…Je propose au parti laïc turc, pour montrer sa réciprocité avec l’UE, de présenter une bonne soeur sur leurs listes en Anatolie…

Voir la côte de popularité dont jouit Obama est absolument hallucinante en Europe, serions-nous donc si mortifères, déjà morts?…Obama ne viendra pas au sommet Europe-USA, il ne l’avait pas prévu dans son agenda…il préfère aller causer avec les Indonésiens et les autres. Obama remet donc en cause toute la politique étrangère des Etats-Unis qui a toujours été de former un bloc occidental dominant…Les États-unis redéfinissent leurs alliances, il est temps aux Européens de faire pareil…ou bien de s’assumer pleinement comme puissance…

Cherea

29
jan
10

Coleman Silk Georges Frêche: même combat.

Il y a quelques années est sorti un roman de l’immense P. Roth intitulé la Tâche. Dans ce roman, Roth nous raconte comment un professeur de lettres classiques est traqué par ses collègues et par toute la bien-pensance universitaire pour avoir, en cours, qualifié des étudiants qui n’ont jamais assisté à ses classes du mot de « spooks », que l’on peut traduire par fantômes et ce mot a également en Anglais une connotation raciste puisque c’était un mot utilisé pour désigner les Noirs dans le Sud profond au temps de la ségrégation, or ces étudiants sont noirs. Aussitôt alertés du qualificatif employé à leurs égards, les étudiants intentent une action en racisme à l’encontre de l’honorable Silk. Cette cabale est menée, à ce propos, mais aussi pour des raisons carriéristes: le Pr. Silk a en effet décidé de mener de sérieuses réformes dans le département de lettres classiques dont il a la charge. Cette attaque en règle est notamment menée par un professeur français, la néfaste Delphine Roux (féministe pure et dure pourtant fatigué de son célibat…imaginez Aurélie Filippetti dans ce rôle et vous aurez une image assez fidèle de Delphine Roux). L’action se passe durant l’affaire Monica Lewinski. On assiste donc à un déferlement contre M. Silk qu’il faut mettre en parallèle avec l’action du procureur Kenneth Starr à l’encontre de Bill Clinton.

Ce roman est l’exacte description de ce qui se passe en ce moment à l’encontre de Georges Frêche. Ce qui est marrant est que ce livre a reçu un accueil critique de la presse assez remarquable et à juste titre (Prix Médicis du meileur roman étranger), à mon avis, par les mêmes qui aujourd’hui fustigent les propos de Frêche. Dans les critiques, nos mutins de panurge* prennent la défense du pauvre Silk contre ces procureurs de bas étage qui cherchent à lui nuire, tout en fustigeant les dérives de Kenneth Starr, procureur honni issu de la droite américaine la plus réactionnaire, duquel aujourd’hui ils ont pourtant l’exact même visage.

On dit souvent que la réalité que dépasse la fiction, dans notre cas la fiction précède la réalité et c’est aussi là, je pense, un critère pour définir un grand écrivain. écrire ce qui va se passer, des prémonitions ou plus prosaïquement sentir l’époque et la devancer. Tout ce qui se passe aux États-Unis arrive en France dix ans plus tard. En voilà une autre illustration, la Tâche a été publiée en France en 2002.

Cherea

*© P. Muray

28
jan
10

Notre époque

« On commence en voulant le bien et on finit en faisant le mal. La disparition du droit divin des rois qui aurait dû permettre un sensationnel développement du bonheur des peuples a laissé la place à l’empoignade des égaux, l’imitation féroce entre soi, l’étouffante anxiété des rivalités mutuelles. La montée du public actif qui veut se faire admirer et s’exaspère de ne pas l’être, exige qu’on l’applaudisse et s’aperçoit qu’il n’y a plus personne pour applaudir parce que tout le monde est grimpé sur scène; ce qui fait monter d’un cran l’énervement du public, candidat au vedettariat impossible pour cause de disparition du public. Et ainsi de suite. »

P. Muray, le XIXème siècle à travers les âges, page 67 éditions tel Gallimard.

27
jan
10

Casting X pour politiques

Il n’y a plus aucune pudeur: Le mot des vingt premières années de ce XXIème siècle dans lequel je suis amené à évoluer est TRANS-PA-REN-CE. Transparence par-ci, transparence par-là…cette nouvelle idéologie implique donc que chacun se déleste de sa pudeur, montre tout en tout temps. Cette transparence s’applique à tous et à tout le monde si bien qu’on peut arriver au paradoxe suivant, une bonne femme se ballade en burka et entretient quotidiennement son compte Facebook. Transparence sur les salaires, le premier syndicaliste va te raconter que le salaire de Proglio est indécent, comme peut l’être une femme à poil dans la rue, mais ce même syndicaliste ( je parle des types haut placés dans l’organigramme du syndicat) rechignera à donner son salaire, ses avantages, ses notes de frais et tout ce qui pimente son quotidien au frais du travailleur. La dernière indécence, au niveau politique entends-je fut cette saloperie de Lipdub (notez comment des mots désignant la même chose sont peu à peu évinvés du vocabulaire, on disait playback il y a quelques années et encore avant le terme de doublage me semblait tout indiqué) des pontes de l’UMP. Quelle indécence, et pourtant les gens en redemandent et plus on est indécent, plus on gagne en popularité. Que serait Paris Hilton sans sa vidéo privée, sex-tape comme on dit désormais?

La sex-tape sera la prochaine arme des spin-doctors ( nouveau mot de plus en plus diffusé alors que le communicant est tout aussi approprié). Une vidéo d’une femme politique ou d’un homme en plein ébat sexuel sera fuitée par une source inconnue, diffusée sur le net… et alors nos électeurs-internautes voteront en fonction des capacités sexuelles de ces futurs gouvernants et du plaisir et du rire éprouvés à la vision de cette sex-tape.

Je vais me transporter dans le temps, visionner la blogosphère et la videosphère afin de vous dévoiler ce que vous pourrez voir dans dix ans. Je me limiterai aux femmes politiques françaises.

Vidéo Aurélie Filipetto:

Femme de gauche et libérée, tel qu’elle se décrit, Aurélie Filippetto n’hésite pas à assumer ses fantasmes et puisqu’elle se considère comme une femme transparente, elle n’a pas hésité à mettre sur son blog interdit au moins de quinze ans, âge légal du droit de vote en France en 2020, une sex-tape, nouvel outil de communication qui fait fureur, une vidéo dans laquelle on la voit en compagnie de son compagnon Thomas Piketto subir une séance d’humiliation et de SM lors de laquelle les deux prennent plaisir, tant Piketto en provoquant les souffrances que sa femme qui les reçoit. Dans cette vidéo on voit donc Thomas Piketto frapper sa compagne, gentiment, à coups de martinet et utiliser des objets volumineux comme source plaisir.

Vidéo Ségolène Rayol:

Le sourire de Madame Rayol a été analysé par M. Murray. Nul besoin d’y revenir. Malgré son positionnement à gauche, une gauche largement de façade, Madame Rayol a des réflexes de sainte nitouche qui transparaissent dans ses pratiques sexuelles. Afin donc de refléter cette rigueur morale, Madame Rayol a choisi une vidéo assez déconcertante. En effet on peut voir Madame Rayol, dans sa tenue maculée Paul Ka, assise sur un canapé en cuir avec un gant de chirurgien en train de masturber un monsieur un peu flasque, dont le sexe est recouvert d’un préservatif. Cette vidéo postée sur le blog du conseil régional de Poitu-Charente n’a pas rencontré un grand succès.

Vidéo Rachida Doti:

La scène se déroule dans une suite d’un palace. Madame Doti, vêtue de dessous Chanel et de bijoux Cartier est allongée sur une table. Autour de cette table une dizaine d’hommes en smoking et chacun portant un masque vénitien. La scène fait étonnament penser à Eyes Wide Shut, dont le communicant, fan de Kubrik, dit s’être inspiré pour réaliser cette scène. La dizaine d’hommes, donc, passe un par un sur Madame Doti. Le dernier acteur ayant achevé sa besogne, on peut voir un gros plan sur Madame Doti et alors, elle déclare « J’ai l’habitude, comme cela on ne saura pas qui est le père »

Il y a encore nombre d’autres vidéos dans lesquelles ont peut voir les ébats des femmes et des hommes politiques. Parmi lesquelles, Roselyne Bochelat qui pour convaincre un médecin de prescrire des produits d’un laboratoire pharmaceutique n’hésite pas à faire montre de ses charmes. On peut également voir Gigou qui s’enferme un week-end dans une prison de haute sécurité. Martine Daubry, elle, afin de caresser dans le sens du poil sa base électorale locale, a tourné une sextape dans une cave d’une cité lilloise en compagnie de nombreux barbus…Roma Yode, briguant la présidence sénégalaise est l’héroïne d’une vidéo réunissant les codes culturels de son pays.

Ceci n’est évidemment que pure fiction et pourtant appelée à devenir réalité.

Cherea

26
jan
10

Dernières lectures et cinéma.

Peu de temps en ce moment…mon boulot, ma chérie, le sport, les sorties, les lectures, bref la vie…

Je lis le soir, en attendant que ma chérie prépare le repas et avant de dormir jusqu’à ce que mes paupières se ferment. Lire jusqu’à s’endormir, voilà un bon moyen d’attendre le marchand de sable. Le dimanche c’est cinéma, alors n’ayant rien d’intéressant à dire, et voyant chuter inexorablement les statistiques de mon blog, j’ai donc décidé de vous parler de mes dernières lectures et des films récemment vus au cinéma.

Depuis le début de l’année, je dévore littéralement les polars. Alors dans l’ordre, Arnaldur Indridasson: La femme en vert, L‘homme du lac. Voilà un homme qui ressemble à son pays, même si je l’ai jamais visité. Disons qu’il correspond à l’idée que je me fais de l’Islande. C’est froid, c’est lent et plein de dignité. On suit un flic, un commissaire solitaire du nom d’Erlendur. On apprend beaucoup sur l’Islande. Donc la narration, toujours la même en tout cas dans ces deux-là. On retrouve un vieux corps et alors Erlendur mène l’enquête. Puis en flashback, on revient au temps du crime jusqu’au moment où les deux narrations se confondent. C’est bien fait, pas un grand souvenir. Bref les polars qui viennent du froid.

Dans le même genre, mais avec les spécificités suédoises on a Henning Mankell, c’est bien foutu. C’est plus sanglant et plus noir, donc cela a ma préférence. Récemment, j’ai lu Les morts de la saint Jean et Le guerrier solitaire. Le problème de Mankell, c’est que dans chacune de ses histoires il rajoute une dose de moraline au goût insipide. Je le recommande davantage que Indridason.

Ensuite, j’en avais marre des auteurs de polars venus du froid, alors je suis revenu à des bons gros auteurs américains. J’ai donc pris Connelly. Je n’étais pas fan, je ne le suis toujours pas. Los Angeles, un inspecteur solitaire Harry Bosch qui mène l’enquête. Echo Park, Le dernier coyote et Les égouts de Los Angeles sont d’assez bons romans. Bonnes enquêtes, assez sanglantes…

J’avais commencé Le XIXème siècle à travers les âges de Ph. Muray, dont le début est assez stupéfiant. J’ai dû momentanément interrompre ma lecture pour des raisons pratiques. L’intensité de la réflexion, la rapidité de la pensée font que je ne peux mener une lecture attentive dans mon lit avec le crayon et le stabilo nécessaires. J’ai donc remis cette lecture à plus tard, que je retrouverai avec grand plaisir.

Nick Tosches, maintenant, j’avais débuté avec Trinités, roman qui m’avait absolument passionné. Mafia italo-américaine et triades chinoises s’affrontent pour la mainmise du trafic de drogues sur le marché américain. C’est un voyage incroyable qui va de New-York à la Thaïlande en passant par l’Italie…Une lecture hautement recommandée pour ceux qui aiment bien les histoires de truands et de géopolitique, le tout écrit dans un style délié et légèrement nonchanlant en alignant une somme de faits qui donne un putain de souffle à ce pavé. Comme j’avais aimé, j’avais enchaîné, il y a quelques années avec La religion des ratés qui comme l’indique son titre est assez raté. Donc j’avais délaissé cet auteur; au détour d’un rayon occasion chez Gibert au mois de décembre de l’année dernière, je suis tombé sur son Dino. Acheté, emballé, c’est pesé. J’ai commencé la lecture il y a deux jours et cela part très fort. C’est donc une biographie de Dino Crocetti, plus connu sous le nom de Dean Martin, mais c’est aussi et surtout un roman historique sur l’Amérique triomphante du XXème siècle avec en toile de fond la carrière de Dean Martin. Énormément de faits, d’histoires et d’anecdotes qui aujourd’hui semblent impossibles. Lecture vivement conseillée.

Voilà pour les lectures. Au cinéma, j’ai vu Bad lieutenant, mais pas le mythique avec Harvey Keitel mais le remake tout pourri avec Nicolas Cage. N’y allez pas c’est nul. Je ne mets même pas la bande-annonce sur mon site. Un lien est largement suffisant. Mais pour le plaisir, mettons un peu de Mr. Keitel sur ce modeste blog.

J’ai aussi vu A serious Man, le dernier film des frères Coen. C’est drôle, brillant par moment, mais on sort un peu frustré. Il manque un bon quart d’heure au film, certaines histoires sont déroulées sans arriver à leur fin. Avant d’y aller, il faut un bac + 8 en humour juif sinon, vous risquez d’être perdu comme j’ai pu l’être. En effet, ils ont fait un film qui s’adresse d’abord aux juifs et les goys, comme moi, peuvent avoir des difficultés à comprendre la totalité du propos. C’est un peu comme, mettons un film comme le père noël est une ordure ou les bronzés qui montrés aux Etats-Unis risquent de laisser désarmés les spectateurs. C’est exactement cela A Serious Man, avec néanmoins quelques scènes d’anthologie.

Sinon, dernière merde vue, c’est le ruban blanc, la dernière palme d’or. Je n’ai quasiment rien pigé. La moitié de la salle dormait et l’autre hésitait à se barrer mais c’est toujours délicat de se tirer lors de la projection d’un film considéré comme un chef d’oeuvre et qui vient de recevoir coup sur coup La palme d’or et le golden globe du meilleur film étranger. Des plans douze fois trop longs. Le réalisateur réussit à instaurer une ambiance et la narration avec la voix off n’est pas dégueulasse mais si vous pouvez éviter, faites-le surtout que le propos final du film est grosso modo « Voyez comment une éducation chrétienne trop rigoriste donne trente ans plus tard des méchants nazis « . Rien de nouveau sous le soleil.

Donc voilà mes dernières consommations culturelles, j’espère que certains y trouveront matière ou que j’aurai réussi à vous éviter certains écueils.

Je suis passé à la Fnac de Madrid, il n’avait pas Underworld USA de James Ellroy. Pas un mal, je ne sais pourquoi mais j’ai l’impression qu’après la lecture de ce livre, j’aurai tourné une page de ma vie pour entrer dans une nouvelle ère. Mais encore envie de prolonger celle-ci quelques semaines de plus.

Cherea

Addendum: Alors que je relisais cet article avant la mise en ligne, j’écoutais en même temps France Inter avec Pascacle Clarke qui avait pour invité Lilian Thuram pour le bouquin qu’il vient de commettre. Alors je cite le philosophe à lunettes qui a sorti des poncifs,  » Il faut trouver des stratégies qui obligent à provoquer un changement d’imaginaire », « Non, il n’ y a pas de différences, c’est ce que je dis à mes enfants, il n’y a pas de différence entre les garçons et les filles ». Bon ce qui me fait marrer est qu’il parle de peuple noir comme s’il y avait un peuple noir uni…puis aussi dans son bouquin Mes étoiles noires, ce grand pourfendeur de l’esclavage, met en avant un pharaon noir.Quid de l’esclavage dans la Haute-Égypte, connard?

21
jan
10

Faux rappeurs et vrais imposteurs…Lilian Thuram…Invictus

Vite, Vite, donnez votre argent pour Haíti…participez au concert présenté par Jamel Debbouze avec comme participants Kery James, Stomy Bugsy, Diam’s, IAM, 113, et autres troubadours…comme Biolay…Marrant qu’Akhénaton qui vient de dénoncer le racisme latent des Français en appelle à leur générosité pour aller aider des Noirs…

Marrant que des types qui ont fait toute leur carrière sur du pauvre gangsta rap importé des États-Unis en balançant dans leurs lyrics des « sale pute », « je pense qu’à ma gueule, je veux du gent-ar »…bref les mêmes types qui se la pétaient super individualistes et bien ils vont aller pousser la chansonnette pour ramener du gent-ar pour Haiti.

Messieurs, un peu de sérieux, qui est encore dupe, si vous voulez être un peu crédibles, avoir un peu de cette « Street Cred » tant vantée par les vrais gangsters qui font du rap et bien écrivez une chanson du genre  » je m’en bats les couilles d’Haïti, je vends du teshi et saute les dékisse et sur ta fille je pisse », voilà un truc qui a un peu de gueule. Essayez d’avoir de la suite dans les idées, verrait-on 50cent ou Eminem ou n’importe quel rappeur un peu sérieux sur le créneau du Gangsta rap faire sa retape en allant chanter pour ramener de l’argent pour des pauvres pèlerins paumés sur une île? On le savait mais on le dit clairement, les rappeurs français n’ont de gangster que le nom et de rappeur aussi que le nom…Ils en ont autant à foutre d’Haiti que le tôlier de ce blog, que je conseille d’ailleurs.

Lilian Thuram…je commence à le vomir…ça faisait déjà un moment…mais là ça en devient insupportable, comment un tel type peut avoir une telle publicité alors que James Ellroy n’a fait que quelques pauvres apparitions? Je vous renvoie au dernier article du monde dans lequel Lilian Thuram ose balancer qu’il faut aller vers une « République post-raciale », singeant ainsi Obama, concept redondant et vide de sens puisque la République n’a jamais été fondée sur une race… enfin…bref  lui et ses confrères , qui masquent leurs failles intellectuelles sous des lunettes, en appellent à une société multi-culturelle comme dans les pays anglo-saxons…et bien allez vivre aux Etats-unis ou au Canada ou au Royaume-uni, putain il y a assez de pays anglo-saxons pour éviter d’en créer un autre et garder notre singularité française…

Invictus, malgré les conseils du nihiliste romantique, je ne suis pas sûr d’aller le voir, plusieurs raisons à cela: J’ai toujours trouvé que mélanger sport et politique était quelque chose de malsain…comme on nous l’a dit et répété, rappelez-vous des J.O. de Berlin et de tout le bordel…quand Hitler manipule le sport pour son profit politique, c’est mal…quand c’est Mandela qui fait pareil c’est bien…toujours ce deux poids deux mesures qui me fait autant vomir…et puis c’est aussi lié à un souvenir personnel…coupe du monde de rugby en Afrique du Sud…en 1995, Jonah Lomu qui fracasse et marche sur les Anglais et la France qui joue les Springboks en demi-finale et qui perd mais il faut dire qu’elle jouait à la fois contre l’Afsud et aussi contre l’arbitre…lors de cette partie l’arbitre a largement avantagé les Sud-Africains…je ne dis pas qu’il a été payé…mais je ne dis pas qu’il n’a pas été payé non plus…tirez-en la conclusion que vous voulez…j’aurai bien aimé qu’on voie dans ce film Mandela corrompant les arbitres,éreinter la statue du Commandeur…c’est cela la classe…voilà ce que ferait un vrai iconoclaste…Mais j’irai sûrement le voir pour Clint…

Cherea…